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Le baron de Planta de Wildenberg, dont le père et le grand-père chassaient déjà à Arc, et qui y fut sociétaire jusqu’en 1972, en retrace l’histoire et rapporte de nombreuses anecdotes savoureuses.
« À partir de 1873, date du retour des princes de la maison d’Orléans après leur exil en Angleterre et durant pratiquement un siècle, des rapports constants et confiants ont existé entre ces princes et ma famille paternelle demeurant alors à quelques kilomètres d’Arc. « Ce fut le cas à chaque génération, de celle qui s’installa au château d’Arc-en-Barrois à celle qui en 1926 hérita de l’important et beau domaine du même nom et le garda jusqu’en 1971, date où elle le céda à l’État. La première unissait le prince de Joinville et mon arrière-grand-père. La deuxième ses enfants, le duc de Penthièvre et le duc et la duchesse de Chartres à mon grand-père. La suivante les ayants droit ou descendants de ces derniers, tout particulièrement le prince Pierre Murat, mari de la princesse Isabelle d’Orléans à mon père. Enfin l’actuelle génération avec laquelle j’ai épisodiquement chassé, représentée par l’archiduc Robert d’Autriche aujourd’hui décédé. « C’est en pensant à eux et aux miens, qui les ont entourés de respect et de sympathie, que j’ai voulu — autour du thème de la chasse — les faire revivre et faire revivre leurs commettants, les chasseurs qui se sont succédé à Arc, ainsi que l’ensemble des personnes auxquelles propriétaires et actionnaires doivent tant de reconnaissance. J’ajouterai que, sentimentalement, j’ai de facto une raison supplémentaire de m’intéresser aux Orléans. Ma famille avait accueilli ou recueilli le futur roi Louis-Philippe, en émigration, au château de Reichenau près de Coire, en Suisse, sous la Révolution. De cette période, sont conservés pieusement à Reichenau son portrait en pied qu’il a offert et l’un de ses porte-plume que le secrétaire des commandements de la reine Marie-Amélie nous adressa après sa mort in memoriam. »
ARC ET L’HISTOIRE « Très autrefois, la quasi-totalité du plateau de Langres sur lequel est situé le domaine d’Arc était couverte d’une forêt feuillue continue, chênes et hêtres principalement, percée seulement d’étroites vallées. En particulier celles de l’Aube et de l’Aujon le long desquelles, à partir du XIe siècle, allaient s’établir nombre d’abbayes cisterciennes filles de Clairvaux. En même temps apparaissaient sur telle ou telle partie de cette sylve ou en bordure de celle-ci de grands domaines féodaux. « À cette époque, ce qui est aujourd’hui la forêt d’Arc et de Châteauvillain appartenait, semble-t-il, aux seigneurs de Bar-sur-Aube situé plus en aval puis à la famille de Broyes, par son alliance avec celle de Bar, qui fit alors construire à Châteauvillain un important château fort. « Les Broyes resteront propriétaires de cet ensemble jusqu’au milieu du XIVe siècle, époque où leur nom s’éteignit sans que toutefois leur famille disparaisse. Une fille du dernier d’entre eux, Jean III, Jeanne et son mari, Jean de Thil en Auxois, en devinrent à leur tour propriétaires. Pendant un peu moins de deux cents ans, les Thil le restèrent jusqu’à ce que leur descendance mâle soit éteinte. Par les femmes, la seigneurie de Châteauvillain passa successivement aux La Baume puis aux d’Avangour. À la suite de quoi en 1582, faute d’héritier, le comté de Châteauvillain fut mis en vente. « Ce fut un financier italien de la suite de Catherine de Médicis qui s’en rendit acquéreur pour la somme de 400 000 livres et en fit don à son fils. “Beau cadeau en vérité” dont la famille ne profita pas longtemps puisque dès 1623 ce comté fut vendu à Nicolas de l’Hôpital, marquis de Vitry (d’où le nom éponyme d’une route de la forêt) qui s’était déjà rendu acquéreur l’année précédente de la seigneurie d’Arc, dissociée de l’ensemble dès 1345. « Hélas, dès 1679, son fils François-Louis de l’Hôpital étant mort sans postérité, ce qui était alors devenu le duché-pairie de Châteauvillain fut à nouveau mis en vente. « Le nouveau propriétaire, le comte de Morstein, grand-trésorier de Pologne — on croit voir l’Europe actuelle — qui avait consacré 900 000 livres à cette acquisition la revendit dès 1696 à Louis-Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse, fils légitimé de Louis XIV et de la marquise de Montespan. « Le fils de celui-ci, le premier duc de Penthièvre, grand-amiral de France, en resta propriétaire, de loin, tout au long du XVIIIe siècle. La Révolution étant survenue et ses biens confisqués, la forêt domaniale d’Arc et de Châteauvillain devint celle de Ville-sur-Aujon. En 1814, elle fut restituée à sa seule héritière Adélaïde de Bourbon-Penthièvre, épouse de Philippe Égalité, duc d’Orléans tristement disparu sur l’échafaud. Ils eurent trois fils, deux morts relativement jeunes, et l’aîné qui devint Louis-Philippe, roi des Français, ainsi qu’une fille connue sous le nom de Madame Adélaïde, restée sans alliance. « À sa mort en 1847, elle légua le domaine d’Arc et de Châteauvillain, dont elle était seule propriétaire, à son neveu et filleul le prince de Joinville, troisième fils de son frère le roi. « Celui-ci, à la suite de la révolution de 1848, dut attendre 1873 pour devenir effectivement propriétaire du domaine. En effet, avec l’accord au moins tacite ou à défaut la complicité du régime impérial (celui de Napoléon III), cette forêt fut vendu fictivement en 1853 à la société Passy, laquelle la revendit tout aussi fictivement en 1873 à son véritable propriétaire. »
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