Montbel | C. Convert Desprez Taïaut ! Mémoire d’un suiveur
 

C. Convert Desprez
Taïaut !
Mémoire d’un suiveur

2014.
Livre neuf.
Montbel, 208 pages.
Quantité  
39.00 €
Page en favoris
  Retour
Les souvenirs inédits et remarquables d’une passionnée qui suit depuis sa plus tendre enfance (en 1926) les chasses à courre en Ermenonville­, Chantilly­, Halatte, Compiègne et Villers-Cotterêts : Pique Avant Nivernais, Pic’Ardie Valois puis Rallye Trois Forêts. Dotée d’un sens de la chasse hors du commun, d’une connaissance des chiens et de la forêt qu’elle parcourt par tout temps et en tous sens, Christiane Convert Desprez, dite Taïaut, livre un témoignage précieux pour tous les veneurs et les suiveurs, épris de ce mode de chasse et de ses traditions.


On lit ce livre comme on suit une chasse. Avec attention et passion.
                 Pierre de Roüalle, président de la Société de vénerie
Quel sacré piqueux aurait-elle été !
                 Claude d’Aillières, ancien maître d’équipage du Rallye Trois Forêts

Préface, introduction et postface de Pierre de Roüalle, Claude d’Aillières, Béatrice Verro et François-Xavier Allonneau.
Nombreuses photos en noir et en couleurs, dont certaines de Roger Barbier-Petit.

◼︎ Paris, Montbel, 2014. in-8, 17 x 24 cm, broché, 208 pages.


La valeur du témoignage

Pas un souvenir, pas un lien. Bien que mes aïeuls reposent à deux pas du Terrier du Fouilloux (Deux-Sèvres), patrie du bon maître Jacques du Fouilloux, auteur de La vénerie (en 1561), aucun souvenir de vénerie n’enchante les miens. Je me remémore quelques visions fugitives de veneurs en forêt d’Halatte lors de promenades familiales. Mon père m’emmenait encore écouter le brame en Ermenonville. Puis, un jour, Christiane me remet, via des voisins et amis chers, deux exemplaires de Vénerie, la revue de la Société de vénerie. Christiane les offre au tout jeune coureur de bois dont elle a appris l’existence, faisant passer le message que, s’il le souhaite, il peut l’accompagner afin de suivre une chasse à courre.

En ce début de saison, le rendez-vous est en Chantilly, au poteau des Bruyères, un bon cerf dix-cors est pris rapidement, brame oblige, Christiane propose : « Tes parents savent que tu es avec moi, allons suivre maintenant la chasse du chevreuil à Compiègne ! » Je découvre ainsi le courre du petit cervidé ainsi que les français blancs et noirs de Jean Bocquillon. Par passion, par militantisme, par générosité également, Christiane Convert Desprez m’ouvre ainsi qu’à tant d’autres les portes d’un monde fabuleux : la vénerie. Je la surnomme “ma marraine de vénerie”.

À bord de ses fameuses Renault 4 L (modèle Savane) débordantes de victuailles et boissons, Christiane invite de très nombreux bénéficiaires à suivre les chasses du Rallye Trois Forêts et celles du Pic’Ardie Valois principalement. Au cours de ces sorties, elle enseigne et rappelle les principes du laisser-courre, le respect que nécessite cet acte. Respect de l’animal, des chiens, de la forêt et des hommes. Respect du vocabulaire de la vénerie, des règles de sécurité encore. Devenu à mon tour suiveur au Trois Forêts puis à Bonnelles, bouton du Rallye Hardi Beagles et Waregem puis du Rallye Montlieu, j’ai tâché de me souvenir de ce précieux enseignement.

Le suiveur est un acteur de la vénerie à part entière. Les évocations écrites les plus anciennes – parfois brèves – semblent dater de la fin du XVIIIe siècle, et sont notamment issues du Journal des chasses du prince de Condé à Chantilly, de l’année 1748 au 25 juin 1785, par Jacques Toudouze, lieutenant des chasses à Chantilly. Au siècle suivant, sous un autre régime, Adolphe de la Rüe, ancien inspecteur des forêts de la couronne, évoque plus longuement le sujet dans Les chasses du Second empire, 1852-1870 (paru en 1882). Ces rares témoignages évoquent la foule des enfants, des femmes, des bûcherons, des charbonniers et autres coureurs de bois qui se pressent autour des équipages royaux et princiers, grimpant aux arbres afin d’assister à la curée.

Si le suiveur n’est pas réellement actif au même titre que les veneurs, qu’ils soient maîtres d’équipage, piqueux, boutons, hommes de vénerie montés ou non, relais de chevaux, toutefois par ses renseignements, par les divers services rendus, pour tenir un cheval, rattraper des chiens, assurer la sécurité au passage des routes, offrir une boisson chaude, mais encore par sa présence régulière – et réconfortante d’une certaine façon – le suiveur occupe sa place au sein de l’équipage, il appartient à la communauté de la vénerie et enrichit sa vie sociale. De plus en plus souvent, il adhère à des associations de suiveurs ou d’amis d’équipage.

Par manque de moyens ou par modestie, le suiveur n’écrit pas. Exceptés dans des articles de Vénerie, dans La chasse à courre, ses rites et ses enjeux (Payot, 2003) de Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, sociologues au CNRS, le thème est décidément très peu traité. On mentionnera qu’il l’est toutefois – mais en images essentiellement – à travers les livres de chasse des équipages, tels ceux du Rallye Trois Forêts dont le premier du genre évoque la saison 1987-1988, mais encore dans les superbes albums que réalise Stéphan Levoye, génial photographe de la vénerie contemporaine.

Aussi, le livre de Christiane Convert Desprez – une “suiveuse” au long cours qui plus est, riche de la mémoire de son père, Padé – constitue un très intéressant témoignage mêlant la vie de la forêt, la chasse, l’histoire locale, la sociologie encore.

Taïaut et Padé, ou un siècle de mémoire de vénerie dans le sud de la Picardie.

François-Xavier Allonneau
rédacteur en chef de Connaissance de la chasse




La presse en parle

Connaissance de la chasse • janvier 2015


En poursuivant votre navigation sur notre site, vous acceptez l’utilisation de cookies afin de nous permettre d’améliorer votre expérience utilisateur. En savoir plus OK
© Montbel - tous droits réservés
Site réalisé avec PowerBoutique - creation site ecommerce