<i>Jallet-Huant, Monique</i><br>La chasse dans l’Antiquité romaine
 

M. Jallet-Huant
La chasse dans l’Antiquité romaine

2008.
Livre neuf.
Montbel, 164 pages.
Quantité  
22.00 €
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En s’appuyant sur les auteurs classiques et les découvertes archéologiques, cet ouvrage détaille les techniques antiques de chasse, les armes et les chiens utilisés par les Romains. Il évoque aussi largement la place de cette activité dans la mythologie, avec les figures si célèbres de Diane ou d’Actéon.
L’auteur témoigne de la passion des Étrusques, des paysans d’Italie et des aristocrates romains pour la chasse, aussi bien dans les campagnes de la péninsule que de l’autre côté de la Méditerranée et en Orient.
Le texte décrit aussi longuement les spectacles cynégétiques grandioses (les venationes) offerts, au Colisée notamment, par les empereurs au peuple de Rome, avec du gibier, des fauves et des éléphants capturés spécialement en Afrique.
Le dernier chapitre traite de la cuisine du gibier et des banquets romains.

Illustré d’une soixantaine de reproductions de bas-reliefs, de mosaïques et d’objets antiques.

Un ouvrage pour les nombreux passionnés d’histoire antique et les amateurs de chasse.
C’est le seul ouvrage en français sur le sujet.

Spécialiste de l’histoire de l’Italie ancienne, Monique Jallet-Huant a déjà publié huit ouvrages, dont cinq sur l’Antiquité. 

◼︎ Paris, Montbel, 2008. 13,5 x 20 cm, 164 pages, broché.
TABLE DES MATIÈRES

Avant-propos
La chasse alimentaire
La chasse divertissement : la chasse est un sport
Prédominance de Diane chasseresse
La chasse spectacle

La chasse chez les Étrusques et chez les premiers Romains
Capture des animaux par de la musique douce
Scènes de chasse peintes sur des fresques à Tarquina
Elle permet la défense des troupeaux menacés par les bêtes sauvages
Elle est source de distraction pour la population des villes
À Rome, construction du Circus Maximus
Mise en veilleuse de la chasse plaisir pendant trois siècles (guerres dans l’Italie centrale), reste la chasse utilitaire
La chasse aux oiseaux
La chasse aux sangliers
Une partie de chasse racontée par Apulée
La chasse aux lièvres
Les instruments utilisés dans la chasse
Les chiens
Les filets
Les armes
Les chevaux
La chasse chez les poètes latins
Histoire des cerfs par Oppien
Le sanglier de Calydon par Ovide
Au IIe siècle av. J.-C., la chasse redevient un spectacle
Édification du Circus Flaminius
Première arrivée d’animaux exotiques
Début des massacres d’animaux, les venationes
Inauguration du théâtre de Pompée
Surenchères de massacres d’animaux

La chasse à partir du IIe siècle av. J.-C. et sous l’Empire
La passion de la chasse chez les grands propriétaires fonciers
Poètes et écrivains romains chantent les joies de la chasse
Légende de la fontaine d’Aréthuse
Augmentation du nombre de jours affectés aux jeux
Développement des venationes
Édification des premiers amphithéâtres
Construction du Colisée : ses caractéristiques
Description du déroulement des venationes
Inauguration du Colisée, premiers grands massacres
Principaux massacres de fauves représentés à Rome
Les venationes en province, les ours de Platées par Apulée

La chasse aux animaux d’Afrique
Description de la faune africaine
La chasse aux lions
La chasse aux éléphants
Description de mosaïques représentant des scènes de chasse
En Sicile à Piazza Amerina
En Tunisie : à Tunis le musée du Bardo, à El Djem et à Carthage
En Algérie : à Hippone et Djemila

La chasse et la cuisine romaine
Un repas de chasse chez Trimalcion narré par Pétrone
Quelques recettes pour préparer le gibier indiquées par Apicius
Pour le sanglier, le cerf, le lièvre
Les Romains étaient friands de gibier
Un menu de festin romain
Les grands vins italiens cités par Pline l’Ancien
Détente dans un jardin auprès de la déesse Diane
Conclusion par Xénophon

Brève chronologie de l’histoire romaine
Principales sources bibliographiques


INTRODUCTION

La chasse ? « action de guetter ou de poursuivre les bêtes pour les prendre ou les tuer », ou encore de « traquer les animaux sauvages pour les capturer et les abattre ». Évidemment, il s’agit là d’une activité qui prête à polémiques. Comme pour la corrida, l’on est pour ou l’on est contre. On ne peut pas y être indifférent.

Pourtant, depuis la nuit des temps, chez les hommes comme chez les animaux, la chasse a toujours été indispensable pour une simple raison alimentaire. C’était, et c’est toujours dans certains lieux, une question de survie. Et, effectivement, grâce aux recherches sur la préhistoire, nous savons maintenant que les hommes sont passés très vite du stade de la cueillette à celui de la chasse aux bêtes sauvages pour pouvoir survivre. Depuis lors, la chasse alimentaire s’est maintenue jusqu’à nos jours. Toutes les espèces d’animaux ont été, et sont toujours, traquées soit pour leur chair, soit pour leur fourrure.

Mais très rapidement aussi, chez les peuples de la plus haute Antiquité, les Égyptiens, les Perses, les Grecs en particulier, la chasse devint un art, un sport auquel s’adonnaient les aristocrates pour leurs divertissements. Xénophon, historien et philosophe grec du Ve siècle av. J.‑C., n’a‑t‑il pas écrit L’art de la chasse ? « C’est à des dieux, Apollon et Artémis, que l’on doit l’invention du gibier et des chiens ; et c’est le centaure Chiron qu’ils honorèrent de ce don en raison de sa droiture. Il le reçut avec joie et en faisait usage. Il eut comme élèves en matière de chasse, Achille, Jason, Esculape, Ulysse, Castor, Pollux, Énée et tant d’autres héros de la mythologie grecque. » Ainsi, commence-t-il son traité dans lequel il décrit tous les équipements nécessaires à la chasse aux animaux traqués à son époque et où il énumère tous les bienfaits qu’apporte la chasse dans divers domaines : entretien de la santé, formation au service militaire, éducation morale. Ainsi, selon les Grecs, la chasse aurait été conçue par Artémis, la Diane chasseresse, la déesse de la vie sauvage, la vierge impitoyable dont les flèches apportaient la mort à ceux qui osaient l’affronter. Il en fut ainsi d’Orion, son compagnon de chasse, jeune homme d’une grande beauté et chasseur particulièrement adroit, qu’elle fit tuer par jalousie dès que l’Aurore en fut éprise. Il en fut ainsi d’Actéon, autre compagnon de chasse, qu’elle transforma en cerf et fit dévorer par ses chiens pour l’avoir surprise au cours d’une baignade. Dans les Métamorphoses, Ovide, poète romain du Ier siècle, raconte cette transformation : « Diane rougit d’avoir été vue sans vêtement. Elle aurait bien voulu avoir des flèches sous la main ; elle prit ce qu’elle avait, de l’eau, la jeta à la figure du jeune homme et, répandant sur ses cheveux cette onde vengeresse, elle ajouta ces paroles, qui lui annonçaient sa perte prochaine : “Maintenant va raconter que tu m’as vue sans voile ; si tu le peux, j’y consens.” Bornant là ses menaces, elle fait naître sur la tête ruisselante du malheureux les bois du cerf vivace, elle allonge son cou, termine en pointe le bout de ses oreilles, change ses mains en pieds, ses bras en longues jambes et couvre son corps d’une peau tachetée. Elle y ajoute une âme craintive ; le héros prend la fuite et, tout en courant, s’étonne de sa rapidité. Lorsqu’il aperçut dans l’eau sa figure et ses cornes : “Suis-je assez malheureux !” allait-il s’écrier ; mais aucune parole ne sortit de sa bouche. Il gémit ; ce fut tout son langage ; ses larmes coulèrent sur une face qui n’était plus la sienne ; seule sa raison lui restait encore. Que devait-il faire ? Tandis qu’il hésite, ses chiens l’ont aperçu. Cette meute, avide de la curée, poursuit le jeune homme… Les chiens se dressent de tous côtés autour de lui et, le museau plongé dans le corps de leur maître, caché sous la forme trompeuse d’un cerf, ils le mettent en lambeaux ; ce ne fut qu’en exhalant sa vie par mille blessures qu’il assouvit la colère de Diane, la déesse au carquois. » Mais ce sont là contes très anciens. Et Actéon resta le noble cerf.

En revanche, pendant des siècles, les techniques décrites par Xénophon furent pratiquement les seules utilisées pour chasser lièvres, cerfs, renards, sangliers et autre gibier sur les territoires méditerranéens, voire en d’autres pays. On les retrouvera lors des descriptions de ce que l’on peut appeler les “chasses divertissements” pratiquées par les aristocrates, comme il en fut toujours dans tous les pays du monde et à toutes les époques.

À Rome, pratiquement dès l’origine de la ville, au VIIIe siècle av. J.‑C., jusqu’à la fin de l’Empire romain d’Occident, au Ve siècle, la chasse, ou plutôt “les” chasses, aux bêtes sauvages furent rapidement transformées en spectacles offerts au peuple dans le cadre des jeux publics, les ludi. C’étaient les venationes, ces grandes chasses données dans des cirques ou des amphithéâtres au cours desquelles furent massacrés des milliers d’animaux, notamment des animaux exotiques capturés en Afrique et en Asie Mineure. Ces “chasses spectacles” furent certainement, au même titre que les combats de gladiateurs, une des caractéristiques des divertissements dont bénéficia la population dans tous les pays de l’Empire romain à partir du IIe siècle av. J.‑C.

On verra donc successivement comment on pratiquait la chasse aux diverses époques de la civilisation romaine : chez les Étrusques et à Rome jusqu’au IIe siècle av. J.‑C., puis à partir de cette époque, où survint une importante modification des mœurs et de la structure des populations, jusqu’à la fin de l’Empire romain d’Occident en 476. Ensuite, on décrira plus particulièrement les grandes chasses pratiquées en Afrique et en Asie Mineure illustrées par de splendides mosaïques, encore visibles in situ et dans les musées ; enfin on se rappellera que la chasse se termine presque toujours par un repas où le gibier est somptueusement présenté sur la table d’un festin !

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