<i>Patterson</i><br>Les mangeurs d'hommes du Tsavo
 

J. H. Patterson
Les mangeurs d'hommes de Tsavo

2007.
Livre neuf.
Montbel, 288 pages.
Quantité  
36.00 €
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PREMIÈRE TRADUCTION FRANÇAISE DE CE CLASSIQUE PARU EN 1907

Patterson (1867-1947) entra dans l’armée britannique à 17 ans. En 1898, il fut mandaté par la British East Africa Company pour superviser la construction de la ligne de chemin de fer Mombasa-Nairobi. La région du Tsavo, où il fut affecté et qu’il fallait traverser, était infestée de lions mangeurs d’hommes qui terrorisaient les indigènes et les travailleurs indiens. Patterson mit alors toute son énergie à traquer ces lions.

Illustré de 122 photos de l’époque.

Ce récit véridique a été adapté au cinéma en 1996 (L’ombre et la proie, de Stephen Hopkins, avec Michaël Douglas et Val Kilmer).

◼︎ Paris, Montbel, 2007, broché, 17 x 24 cm, 288 pages.


TABLE DES MATIÈRES

Préface du traducteur
Avant-propos de l’auteur
Préface de F. C. Selous
Carte

I. Mon arrivée à Tsavo
II. Première apparition des mangeurs d’hommes
III. L’attaque du wagon de marchandises
IV. La construction du pont de Tsavo
V. Mutinerie
VI. Le règne de la terreur
VII. L’échappée belle de l’officier du district
VIII. La mort du premier mangeur d’hommes
IX. La mort du second mangeur d’hommes
X. L’achèvement du pont de Tsavo
XI. Les Swahilis et autres tribus indigènes
XII. Une nuit à l’hippo
XIII. Un jour sur l’escarpement de N’dungu
XIV. La découverte de la tanière des lions
XV. Vaines chasses au rhino
XVI. Histoire d’une veuve
XVII. Un rhino en furie
XVIII. Lions sur les plaines de l’Athi
XIX. La caravane décimée
XX. Une journée sur l’Athi
XXI. Les Masaïs et autres tribus
XXII. Comment Roshan Khan me sauva la vie
XXIII. Une chasse au lion couronnée de succès
XXIV. Le dernier shikar de Bhoota
XXV. Un mangeur d’hommes dans un wagon
XXVI. Travail à Nairobi
XXVII. La découverte du nouvel éland
Annexe I
Annexe II
Biographie du colonel Patterson


EXTRAIT DE L’OUVRAGE

« Nous avions fermé la partie inférieure de la porte du wagon tandis que la partie supérieure demeurait grande ouverte pour nous permettre d’observer. Bien sûr, nous regardions dans la direction de la boma abandonnée, que nous ne pouvions distinguer dans l’ombre d’un noir d’encre. Tout fut tranquille pendant une heure ou deux, et le silence de mort commençait à devenir vraiment monotone et oppressant… Puis d’un bond soudain une énorme masse se jeta sur nous.
« Le lion ! » hurlai-je, et nous tirâmes à peu près simultanément.
Une seconde de plus et le fauve aurait assurément atterri dans le wagon. Mais ainsi il avait dû dévier son saut, probablement aveuglé par l’éclair et effrayé par la double détonation qui avait été cent fois amplifiée par le toit de fer arrondi du wagon.
Si nous n’avions pas été autant sur nos gardes, il n’y a pas de doute qu’il aurait pris l’un de nous, et nous réalisâmes que nous avions eu beaucoup de chance et que notre salut n’avait tenu qu’à un fil. »


EXTRAITS DE PRESSE

« Un roman vrai éblouissant, le meilleur de cette collection consacrée aux aventuriers voyageurs. »
Plaisirs de la chasse, septembre 2007

« Patterson devint un chasseur de légende… Un document sur une affaire hors du commun. »
Voyages de chasse, août-septembre 2007

« Un classique de la littérature d’aventure et de chasse. »
Connaissance de la chasse, juin 2007

« Témoignage mythique de la grande chasse africaine… Cette traduction comble un manque. »
Jours de chasse, été 2007

« Remarquablement traduit. »
Le Saint-Hubert, juillet-août 2007


PRÉFACE DU GUIDE F. C. SELOUS :

Cela fait sept ou huit ans que j’ai lu pour la première fois, dans les colonnes de la revue the Field, un bref récit écrit par le colonel J. H. Patterson, alors ingénieur occupé à la construction du chemin de fer de l’Ouganda, au sujet des lions mangeurs d’hommes du Tsavo.
Ma longue expérience personnelle de la chasse africaine m’avait immédiatement fait sentir que chaque mot de cette aventure palpitante était absolument vrai. Mieux encore?: je savais que l’auteur avait conté cette histoire d’une manière très modeste, insistant peu sur les dangers qu’il courait en passant ses nuits à essayer de tuer les terribles mangeurs d’hommes, en particulier la fois où, alors qu’il les guettait depuis un fragile échafaudage supporté par quatre perches branlantes, il fut lui-même la cible d’une des redoutables bêtes. Heureusement, il ne perdit pas son sang-froid, et il réussit à tirer le lion au moment même où celui-ci était sur le point de bondir. Mais si ce lion l’avait approché par-derrière, je pense qu’il aurait probablement ajouté le colonel Patterson à sa longue liste de victimes, car j’ai connu personnellement trois cas d’hommes ayant été décrochés d’arbres ou de plateformes à des hauteurs bien plus élevées au-dessus du sol que la construction insensée depuis laquelle le colonel Patterson veillait en cette nuit de terreur.
Depuis l’époque d’Hérodote jusqu’à nos jours, d’innombrables histoires de lions ont été racontées et écrites. J’en ai moi-même rapporté quelques-unes. Mais je n’en ai jamais lu ni entendu qui égale en intérêt soutenu et en intensité dramatique celle des mangeurs d’hommes du Tsavo telle que racontée par le colonel Patterson. Une histoire de lion est généralement le récit d’aventures, souvent terribles et pathétiques, qui ne durent que quelques heures ou une nuit ; mais l’histoire des mangeurs d’hommes du Tsavo est une terrible tragédie épique s’étendant sur plusieurs mois, et ne cessant finalement que grâce aux ressources et à la détermination d’un seul homme.
C’est quelques années après avoir lu le premier rapport publié sur les mangeurs d’hommes du Tsavo que je fis la connaissance du président Roosevelt. Je lui racontai tout ce dont je me souvenais à ce sujet, et il se montra si profondément intéressé par ce récit —comme c’est le cas pour toutes les relations véridiques concernant la nature et les caractéristiques des animaux sauvages— qu’il me pria de lui envoyer le bref rapport imprimé tel qu’il avait été publié dans the Field. C’est ce que je fis, et c’est seulement dans la dernière lettre que je reçus de lui que, se référant à cette histoire, le président Roosevelt écrivait : « Je pense que l’incident des lions mangeurs d’hommes de l’Ouganda, décrit dans ces deux articles que vous m’avez envoyés, est le témoignage le plus remarquable qui nous ait jamais été rapporté. Il est vraiment très dommage qu’il ne soit pas préservé sous une forme permanente. »
Eh bien, je suis heureux maintenant à la pensée qu’il sera préservé sous une forme permanente ; et je me hasarde à assurer le colonel Patterson que le président Roosevelt comptera parmi les lecteurs de son livre les plus intéressés.
Il est probable qu’on trouvera que les chapitres relatant l’histoire des lions mangeurs d’hommes du Tsavo sont plus passionnants que les autres parties du livre du colonel Patterson ; mais je pense que la plupart de ses lecteurs seront comme moi d’avis que le volume tout entier est très intéressant et instructif.
Le récit donné par le colonel Patterson de la façon dont il surmonta toutes les difficultés auxquelles il fut confronté pour construire un solide pont de chemin de fer par-dessus la rivière Tsavo, se laisse lire volontiers ; tandis que l’audace dont il fit preuve en attaquant, seul et sans aide, lions, rhinocéros et autres animaux dangereux, est surpassée par le courage, la diplomatie et la détermination qu’il démontra en maîtrisant la redoutable mutinerie qui éclata parmi ses travailleurs indiens.
Enfin, permettez-moi de dire que j’ai passé la plus grande partie de deux nuits à lire les épreuves du livre du colonel Patterson, et je peux l’assurer que le temps passa comme par magie. Mon intérêt fut soutenu de la première à la dernière page, car je sentais que chacun des mots que je lisais sonnait juste.

F. C. Selous
Worplesdon, Surrey
18 septembre 1907


PRÉFACE DU TRADUCTEUR

Ce témoignage mythique de la grande chasse africaine parut pour la première fois à Londres il y a exactement un siècle. Cet ouvrage connut un tel succès auprès du public anglophone, en particulier aux États-Unis où il est encore réédité de nos jours, qu’il est difficile de comprendre pourquoi il n’avait jamais été traduit en français. Et ce, d’autant plus qu’il fit l’objet de trois adaptations cinématographiques, dont la dernière L’ombre et la proie avec Michael Douglas remporta un réel succès lors de sa sortie en 1996.
Est-ce parce qu’en France on ne s’intéresse qu’aux récits de l’Afrique de l’ouest ? Est-ce du fait de l’ancestrale rivalité coloniale ? Rien n’explique les raisons d’une telle méconnaissance à l’égard d’un ouvrage que la plupart des auteurs de langue anglaise ayant écrit sur l’Afrique considèrent comme un classique.
À titre d’exemple parmi bien d’autres, le major Burton évoque, dans son livre consacré aux mangeurs d’hommes, « le célèbre ouvrage du colonel Patterson ».
Il s’agit en effet d’un témoignage incomparable sur les lions mangeurs d’hommes. Le fait que Patterson ne soit pas un chasseur professionnel explique aussi la force et le succès de son récit. Jeune ingénieur militaire envoyé pour superviser les travaux de construction d’une ligne de chemin de fer, il se trouve plongé dans un environnement hostile. Isolé en pleine nature sauvage, il doit commander des centaines d’ouvriers indiens —qui viendront en grand nombre travailler en Afrique de l’est— prompts à se mutiner, et doit surtout faire face à deux lions mangeurs d’hommes qui n’étaient pas prévus au programme.
Ce n’est donc pas une simple histoire de chasse, et ceci confère au récit une autre dimension, une forme d’universalité qui lui permit de toucher un très large public.

Le jeune ingénieur, que son inexpérience semble protéger alors qu’à maintes reprises il aurait dû perdre la vie, déploie pendant des mois des efforts incroyables qui se soldent chaque fois par autant d’échecs, le laissant au bord du désespoir. Mais l’instant de découragement passé, il reprend la lutte, car il sait que chaque jour perdu peut causer la perte d’une vie humaine. En somme, il représente pour le lecteur anglais du début du XXe siècle l’incarnation du sens de la responsabilité cher à Kipling. Il est l’obscur serviteur de l’Empire, envoyé en mission dans un coin perdu et déshérité de la terre, avec parfois le sentiment de l’oubli et de l’abandon, mais qui tient bon. Un passage du récit l’illustre parfaitement lorsque, après une nouvelle tentative infructueuse, les renforts militaires se retirent, le laissant de nouveau seul face à l’adversité.
Il incarne un mythe, celui du courage et de la ténacité aux prises avec deux terribles fauves qu’ouvriers indiens et indigènes africains qualifiaient de “démons”, tentant même de le dissuader de tenter quoi que ce soit contre ces créatures qui leur semblaient surnaturelles.

Si l’histoire des lions du Tsavo forme le cœur de l’ouvrage, les autres chapitres ne manquent pas d’intérêt sur le plan ethnographique et cynégétique, en particulier ceux consacrés à deux autres histoires tragiques de mangeurs d’hommes dont l’auteur fut le témoin indirect, ainsi que les passionnants récits de chasse et d’exploration à travers des paysages dont la description dégage souvent une étonnante poésie.
Mais au-delà du récit, l’impression qui domine est que tout était possible et porteur de promesses dans cette Afrique encore inviolée, dans ces espaces que Patterson se plaît parfois à explorer uniquement parce qu’il est certain qu’aucun Européen n’y a jamais posé le pied.
C’est ce qu’exprime Vivienne de Watteville au début de son beau livre L’appel de l’Afrique. « C’était le temps de l’aventure avec un grand A ; le temps où The man-eaters of Tsavo semblait être une histoire récente. » Le temps des aventuriers voyageurs.

Enfin, et par-dessus tout, la formidable intensité dramatique propre au récit et le talent avec lequel Patterson nous fait revivre son expérience ont permis à cet ouvrage de traverser le siècle, car quoi qu’on puisse écrire à son sujet, une chose au moins est sûre, cent ans plus tard le livre n’a rien perdu de sa force ni de son intérêt. Le traduire aujourd’hui, c’est tout simplement lui rendre hommage.

Hervé Godeau
mars 2007


BIOGRAPHIE DE L’AUTEUR :

John Henry Patterson naquit à Forgney en Irlande le 10 novembre 1867. Il entra dans l’armée britannique dès l’âge de 17 ans et y termina sa carrière comme colonel, décoré de la Distinguished Service Order (DSO), l’une des plus prestigieuses distinctions militaires.
Il servit d’abord aux Indes avant d’être affecté comme ingénieur militaire auprès de la British East Africa Company pour superviser la construction du chemin de fer reliant Mombasa au lac Victoria.

Le protectorat britannique d’Afrique de l’est, qui s’étendait de l’Océan indien à l’Ouganda, fut en effet administré par l’Imperial British East Africa Company de 1888 à 1895, date à laquelle il passa sous le contrôle direct du Foreign Office, puis sous celui du ministère des colonies en 1905.
La construction de cette voie ferrée, qui dura de 1896 à 1901, fut essentielle au développement du Kenya, de l’Ouganda et même de la Tanzanie. Entrée en service en 1903, et surnommée le “Lunatic Express” en raison des paysages désolés qu’elle traversait, cette ligne contribua à l’essor économique de ces régions, à la disparition de l’esclavage et favorisa la campagne alliée contre les troupes allemandes du général Paul Emil von Lettow-Vorbeck au cours de la première guerre mondiale.
De 1907 à 1909, Patterson fut conservateur-en-chef des chasses du protectorat britannique d’Afrique de l’est. Il en tira le sujet de son deuxième ouvrage In the grip of Nyika et poursuivit ensuite sa carrière militaire en s’illustrant pendant la guerre des Boers.

Sa réputation fut cependant affectée en 1922 par une affaire restée non élucidée, dont Hemingway tira le scénario de son film L’affaire Macomber en 1947. Alors qu’il accompagnait un officier anglais et sa femme à la chasse, celui-ci succomba à des blessures par arme à feu. Étonnamment, Patterson l’enterra en brousse et poursuivi son safari avec l’épouse. Cependant, les témoins le disculpèrent et il ne fut pas inquiété lors de son retour en Grande-Bretagne, malgré les rumeurs de meurtre et de liaison. Il quitta alors le service actif.

On le retrouve à Alexandrie à la veille de la première guerre mondiale, où il se lia avec des activistes sionistes russes qui militaient pour la création d’une légion juive, afin de participer à la lutte contre l’Empire ottoman en Palestine. Devant l’impossibilité pour les étrangers de rejoindre les rangs de l’armée de Sa Majesté, c’est un simple corps de muletiers juifs qui fut d’abord créé, officiellement comme soutien des forces britanniques sur le front proche-oriental.
Patterson en prit la tête, et, en avril 1915, l’Assyrian Jewish Refugee Mule Corps (rapidement connu sous le nom de Zion Mule Corps) s’embarqua d’Égypte pour le cap Helles à la pointe de la péninsule de Gallipoli au nord du détroit des Dardanelles, avec quelques centaines d’hommes et sept cent cinquante mules. Malgré sa bravoure, ce corps fut dissous en mai 1916, mais dès juillet de l’année suivante Patterson, nommé colonel, fut chargé d’organiser une unité plus importante. Ce sera le 38e bataillon royal de fusiliers (resté célèbre sous le nom de Jewish Legion of the British Army), qui regroupera quelques anciens muletiers et des volontaires juifs issus de tout l’empire britannique et des nations neutres, parmi lesquels le futur premier ministre israélien Ben Gourion et le père d’Yitzhak Rabin.
Bien que protestant, Patterson devint alors une figure du sionisme, cause à laquelle il resta attaché toute sa vie. Il publia deux ouvrages sur le sujet, With the Zionists at Gallipoli en 1916 et With the Judeans in Palestine en 1922, et demanda à ce que ses cendres soient déposées en Israël, dont il n’eut pas le temps de voir la naissance.

Installé aux États-Unis après la guerre, Patterson donna en 1924 une conférence au Field Museum de Chicago sur sa mission au Tsavo. Il accepta alors de vendre au musée pour 5 000 $ les crânes des deux fameux lions, ainsi que leurs peaux qui lui servaient de tapis depuis vingt-six ans ! Le musée tenta de reconstituer les deux animaux, mais un peu plus petits qu’en réalité car les peaux étaient assez usées. Cette présentation est toujours en place. Il se retira ensuite en Californie, où il mourut à 80 ans, six semaines avant sa femme, le 18 juin 1947. ISBN 978-2-914390-52-1

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