• Chasse en France (occasion)


H. Ledemé
Registre ouvert pour qu’il soit gardé note du gibier tué
par les membres de la famille ou par les amis
 




1845-1872.
Manuscrit.
146 feuillets.
Livre en stock
Quantité  
1 800.00 € 
Livre des chasses du docteur Ledemé, essentiellement dans l’Orne, consignées par des mains différentes, sur les 75 premiers feuillets d’un registre de centième denier de l’administration générale des domaines de la fin du XVIIIe siècle. [1845-1846 à 1859-1860 et de 1871-1872]. Vélin du XVIIIe siècle. 2 feuillets imprimés non chiffrés, 146 feuillets timbrés et foliotés 1 à 146, folios 76 à 146 vierges.

Les noms des invités et des chiens, le gibier (lièvres, perdrix, lapins, râles, bécasses, ramiers, macreuses, poules d’eau, etc.) ainsi que les lieux où il a été pris y sont minutieusement décrits.

Jusqu’en 1850-1851, chaque saison se termine par un récapitulatif du gibier tué, « certifié exact » par Joséphine Gallery de la Servière (mère de Louis Ruault du Plessis) avec cachet de cire.

Le livre s’ouvre sur une chasse en Touraine (commune de Chanceaux) le 18 septembre 1845 et le tir de deux cailles, un lièvre et une perdrix par M. Louis Duplessis.
Mais les chasses qui suivent ont eu lieu en Normandie, essentiellement autour de Domfront, sur les communes de Flers, Torchamps, Ceaucé, Avrilly, Moulin-la-Marche (chez la marquise de Falandre), Chantepie, dans le bois de Saint-Brice, Le Mont-Margantin, etc. Parmi les lieux-dits cités : La Servière, Les Noës, L’Archerie, La Veillardière, Malterre, Auvernay, etc. 

Le 30 octobre 1850,  il est précisé que «Mr Philippe reçut avis de sa réception à l’école militaire» et  le 9 novembre suivant «départ brusque de M. Philippe […] pour rejoindre l’école spéciale militaire de Saint-Cyr» (folios 34 v° et 35 v°).

Le départ de Philippe Ledemé pour la Crimée est évoqué en 1854-1855. «Abomination de la désolation, désolation de l’abomination ! L’année 1853 détestablement mouillée pendant 12 mois, avait anéanti lièvres et perdrix. À l’ouverture, le 12 7bre, on trouve les œufs et les nids abandonnés par les pères et mères, et de compagnies d’avortons réduis à 4 ou 5 perdreaux […] pas une caille, peu de lapins presque pas de lièvre» (folio 53). Pendant la saison 1854-1855, le gibier reste rare et, M. Philippe, mobilisé pour la guerre de Crimée, est «occupé à chasser […] les Russes dans leur propre pays […] Le jour de la bataille d’Alma (20 7bre 54) M. Ledemé tua 6 perdrix […]» (folio 54). Le 14 septembre 1856, M. Philippe rentre à Domfront «et dès lendemain 15 il débuta brillamment […]» Le 17 septembre suivant, «grandissime chasse» (folio 57 v°). Le lundi 28 octobre 1857, Philippe Ledemé part rejoindre son régiment à Paris emportant les onze perdrix et le lièvre qu’il venait de tuer.

Médecin à Domfront, le docteur Ledemé avait été inspecteur des eaux de Bagnoles-de-l’Orne. Son fils Philippe (1831-1899), « Monsieur Philippe », chasseur invétéré, l’un des plus assidus et visiblement l’un des meilleurs fusils, avait été élève à Saint-Cyr (promotion de Kabylie, 1850-1852). Le 1er octobre 1852, il est nommé sous-lieutenant au 20e régiment d’infanterie légère. Envoyé en Crimée, il y est promu lieutenant le 29 juin 1855 après la bataille de Tratkir. Capitaine en 1861, il fait la campagne du Mexique entre 1862 et 1867.

Outre les tableaux, le livre fourmille de détails sur les circonstances de ces chasses:

- 14 octobre 1845, il est précisé dans la marge que le «lièvre a été mangé en rôti le 20 oct. Mde Scherer (?) notre cousine l’a trouvé excellent» (folio 2 r°).

- Fin octobre 1846, relation d’une scène de braconnage: «[…] Huet étant sur pied malgré la pluie battante qui ne cessa pas de tomer découvrit trois chasseurs qui avaient lancé leurs chiens dans le taillis de la Servière […] un lièvre vient  sortir, fut tué et les trois individus s’étant mis à l’abri à la suite de ce beau coup ; Huet se glissa près d’eux et les entendit  dire qu’ils allaient se diriger vers le grand champ des cailles d’Auvernay. Huet s’y rendit aussitôt, s’y cacha et ne tarda pas à les voir arriver. Un lièvre se leva, ils le tuèrent. Alors Huet se démasquant les somma de lui déclarer leurs noms. Ils s’enfuirent et Huet ne parvint à arrêter que le Sr Dutertre […] Nous saisissons le tribunal correctionnel de l’affaire, nous constituons partie civile. Jugement de condamnation en novembre. 20 f[rancs] de dommages intérêts nous fut accordés. C’est notre premier procès de chasse […]» (folio 9 v°)

- 10 octobre 1847 : «Un fait assez remarquable doit être consigné : l’une des deux bécasses dont il est question dans la chasse précédente n’avait été que désaillée, et Diamant qui accompagnait M. Louis n’avait pas voulu en prendre le train – aujourd’hui Fine amenée  dans le taillis et mise à la place, couverte de plumes, où la bécasse était tombée la veille, l’a retrouvée en moins de dix minutes» (folio 14 v°)

- 26 octobre 1856 : «Mr Philippe releva une bécasse sur laquelle Marinette était en arrêt ; sans pouvoir tirer. Une troisième fois on ne fut pas plus heureux. Une quatrième elle fut tirée par Mr Philippe et Ledemé et manquée. Enfin Marinette s’arrêta une 5è fois et Mr Philippe la tua. Cette bécasse montra un talent très grand dans Mariette et l’on fit de grands projets contre la race au long bec […]» (folio 56 r° et v°).

- 17 novembre 1856 : «Grandissime chasse […] faite par Mr Philippe […]» (folio 57 v°).

Parmi les fidèles invités figurent M. Albert Roulleaux (maire de Domfront), M. Philippe Schnetz (conseiller général de l’Orne et propriétaire du château de Flers), M. Louis Ruault du Plessis-Vaidière (magistrat et fils Joséphine Gallery de la Servière), qui abandonne la chasse du mardi 18 novembre 1845 « pour aller reprendre ses fonctions à Cherbourg », M. Adrien Duplessis (probablement son fils), M. Émile Bichain (architecte de Domfront), M. Jules de Malterre, M. Montembault (juge de paix à Domfront), M. Lenteigne (conseiller à la cour royale de Caen), M. Marcelin Hubert (référendaire honoraire à la Cour des comptes), M. Chantel (maire de Saint-Front), M. Lemarquand (avocat).

Le manuscrit est accompagné de 21 pièces manuscrites (des années 1845, 1846) complétant le registre : cessions du droit de chasse au dr Ledemé, par les propriétaires (dont M. Louis du Plessis) sur leurs terres de Margentinet, de Ceaucé, listes de prises (16 septembre 1847, chasse de Chantepie en octobre 1857, etc.)

Très bon état. Premier plat taché, manque de vélin dans le coin supérieur du second plat. Manquent les folios 104, 105, 114, 115 et 133 à 137, utilisés comme papiers de brouillon.

In-folio, 35,3 x 24 cm.




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