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<i>H. Vincenot</i><br>La billebaude

H. Vincenot
La billebaude

Montbel
2022.
Livre neuf.
Montbel, 452 pages.
25,00 €
800g
Description
Peu après la Première guerre mondiale, Henri, orphelin de père, est envoyé chez ses grands-parents maternels dans un petit village de Bourgogne. À 8 ans, il est initié à la chasse par son grand-père, le Tremblot. Il apprend de ce personnage haut en couleur et truculent le sens de la nature et de la forêt, à identifier les traces laissées par le gibier et l’art de suivre le parcours des animaux. Avec sa grand-mère, il découvre les propriétés des plantes et l’art de soigner asthme, rhumatismes ou eczéma grâce aux dons de la nature. Tous deux transmettent au jeune Henri l’amour de la Bourgogne, de son parler vrai, de la vie rude et simple, proche de la nature, avant l’invasion du "progrès” provoquant la mécanisation des campagnes et l’exode rural.

Henri Vincenot (1912-1985) rend un vibrant hommage à la nature, à la faune, à la flore, à la Bourgogne, à ses habitants et à la chasse.
Conteur envoûtant, il est l’auteur d’une trentaine de romans et de pièces de théâtre. Il est aussi peintre et sculpteur.
La billebaude, paru en 1978, est son plus grand succès.
Préface inédite de Claudine Vincenot, fille de l’auteur.

Paris, Montbel, 2022. in-8, 14,5 x 20,5 cm, broché, 452 pages.
 


EXTRAIT:

« À peine était-il ainsi aux aguets qu’un ouragan survint sous le taillis, un roulement terrible : cinq ragots, groupés, qui passèrent loin de moi, mais se rabattirent sur mon siffleur, pour sauter, me croira qui voudra, à trente mètres de lui. Il tira, et, l’admettra-t-on ? je vis une chose vexante, une des bêtes s’arrêter net, s’asseoir sur son cul en poussant des cris de goret en abattoir ; l’autre exultait déjà en esquissant une gigue. 
« Je lui criai : "Redoublez, cré nom !”
« Je le vis épauler à nouveau, viser lentement et j’en vins à faire une prière à saint Hubert pour l’insuccès de ce coup de fusil ; saint Hubert dut m’entendre car il ne permit pas le scandale. Le sanglier n’attendait que cette deuxième décharge pour repartir de plus belle, quoiqu’en boitant bas. L’autre Jocrisse se mit à hurler en levant les bras : "Il en a !”
« Se jetant d’un coup dans la vallée, le blessé longea un fourré et l’homme au sifflet le poursuivit en lançant son "Il en a ! il en a !” Il me cria : "Suivons-le ! Venez !”
«  J’en étais bien tenté mais j’osais à peine quitter ma place par esprit de discipline ; mais il me revint, ou peut-être l’inventai-je, que mon grand-père admettait qu’un chasseur placé en bout de chasse pouvait se déplacer si la chasse sortait du massif gardé, surtout pour poursuivre une bête grièvement blessée. Et nous voilà partis tous trois, le cochon d’abord, que l’on suivait à vue et au sang, le Mirliflor ensuite, qui brandissait son fusil comme les zouaves que l’on voit sur les gravures d’époque, donnant l’assaut à Solferino, et moi, cent mètres derrière. Mais je courais plus vite que lui et je le rattrapai bientôt. Le sanglier descendit les éboulis, sauta dans les pâturages qu’il se mit en devoir de dévaler, nous entraînant vers le fond de la vallée. »